jeudi 8 novembre 2012

J'habitais Roanne, Christian Chavassieux (Thoba's éditions, 2012)


Parce que je suis convaincu, malgré les apparences - une fois de plus -, qu'il ne faut pas être originaire de Roanne ou connaître la ville pour être touché par la beauté de ce livre, splendide récit aussi érudit que sensible d'un auteur en quête de soi à travers ce et ceux qui l'entourent.

vendredi 19 octobre 2012

Suicide, Edouard Levé (P.O.L., 2008)


Froid dans le dos. 

C’est immanquablement l’expression qui me vient à l’esprit chaque fois que je pense à ce livre et plus particulièrement à sa dernière partie, sublime suite de courts tercets dont la simplicité n’a d’égale que la noirceur : toutes deux absolues dans leur manière de converger vers le gouffre à venir.

Leur auteur ne pouvait aller plus loin tant sa logique d’écriture y rejoint celle de sa vie dans une cohérence nécessairement implacable. Après cela, il ne reste plus [rien de possible] que le suicide.  

Dont acte.

jeudi 18 octobre 2012

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Stig Dagerman (1981, Actes Sud)




Dix pages seulement mais peut-être les plus définitives qu’il m’ait été donné de lire. Et qui, inlassablement, me renvoient à cette question : comment un désespoir aussi absolu est-il convertible en une beauté aussi éclatante ? L'écriture semble agir comme une pierre philosophale entre les vases communicants de l'être et du papier.

jeudi 20 septembre 2012

L’Equarrissage, Lorette Nobécourt (Mille et une nuits, 2001)



 
Souvenir de lecture déjà ancien mais intact. Comme miraculeusement préservé par la force de l’œuvre qui constitua une sorte de déclic vis-à-vis de la littérature contemporaine, face à la sidération que, oui, ce soit possible d’écrire (comme) ça, aujourd’hui, en langue française. Qu’un homme ou une femme (dans ce cas) en soit capable. Et qu’elle ait le courage (ou la folie) de le donner à lire à autrui.

Œuvre d’un engagement total de l’être dans son écriture, de l’écriture dans la vie. Œuvre sans précédent, sans ressemblance avec grand-chose d’autre. Comme le dit parfaitement Jean-Luc Douin : " Il faut la lire, tout simplement, parce qu'elle honore la littérature française."

mardi 18 septembre 2012

Nous étions jeunes et insouciants, Laurent Fignon (Grasset, 2009)




Je n’ai jamais cru à la « grande littérature » (pas plus qu’à la « grande musique » ou au grand Art…) et n’ai jamais souscrit à la figure du « grantécrivain » : j’aime les livres qu’on ne voit pas venir et qui font mal mais permettent d’accéder enfin à soi, définition même du cyclisme selon Laurent Fignon : « Les hommes, à vélo, ressemblent toujours à ce qu’ils sont : on ne triche jamais bien longtemps. Le vélo est ce par quoi l’homme se trouve et se prouve. Il dévoile des travers, des richesses, divulgue des appétits immenses. Rien à voir avec la gloire : parlons plutôt de plénitude. Le vélo donne à toucher le fond de nos âmes. »

Un homme qui a vécu – et arrêté – le cyclisme en poète : à la fois jeune et épuisé. Comprenne qui lira.